
J'aime bien les classiques. Mais je n'aime pas les gens qui ne jurent que par les classiques.
J'ai entendu un jour, en cours de littérature, il y a de cela quelques années, une fille proférer l'inepsie suivante: "Non, mais, je veux dire, on ne peut pas comparer Houellebecq à Balzac, la littérature d'aujourd'hui n'a rien à dire". Et de poursuivre "Aujourd'hui, nous vivons dans une société de consommation sans intérêt, et ça donne des auteurs vides comme Houellebecq"
Ce genre de discours convenu et immature m'attriste. Non pas que je tienne a défendre ce cher Michou... ce n'est pas la question.
1. Je ne crois pas que notre époque sois sans intérêt, je dirais même qu'elle en a énormément. La révolution numérique, la libération des moeurs, la mobilité, l'accélération des rapports humains, la multiplication des moyens de communications, la consommation à outrance, la perte de racine de l'individu... Je ne dis pas que c'est bien ou mal, mais que ça a un intérêt. A cet égard, l'oeuvre de Houellebecq ou des américains de la génération X (Bret Easton Ellis, Douglas Coupland, Jay Mc Inerney et par extention Frédéric Beigbeder) en traite avec un certain à propos. Certes, on ne se bat plus pour des idées, comme semblent le déplorer certains, mais le communisme est en train de crever, l'anarchisme aussi... Peut-être le temps des idées est il mort. Peut-être faut-il passer à autre chose.
2. Passer à autre chose, voilà qui semble poser problème! Les gens qui révèrent les classiques et méprisent ce qu'ils jugent moderne, branchouille et sans intérêt, oublient que les artistes qu'ils admirent se sont souvent illustrés à contre courant. Ces derniers se retourneraient d'ailleurs dans leur tombe s'ils se doutaient que leurs admirateurs sont du même type que ceux qui à l'époque, méprisaient leur art, le trouvant trop vulgaire.
Il y a trop de choses à lire, à voir, à écouter. Il y a des choix à faire. J'ai donc décidé de dire merde aux classiques, quitte à m'y remettre plus tard. Entre Zola et un Coupland, je choisirais le dernier, Entre Verdi et Les Long Blondes, idem, entre Antigone et Les Infiltrés, je donnerais ma préférence à Léonardo Di Caprio.
Pourquoi? Parce que je crois que notre époque, notre vie, c'est maintenant, et que notre génération est aussi riche que celles qui nous ont précédé. L'hégémonie des classiques, ça me fait gerber. C'est un règne des morts. Or les morts, on doit les respecter, s'inspirer de leur expérience, mais on ne dois pas les laisser prendre le pas sur le monde des vivants.
6 commentaires:
Tu te rends compte que tu nous refais la querelle des anciens et des modernes du XVIIième siècle, sur les auteurs de l'antiquité vs les auteurs atrocement modernes et vides du 17ième, type Perrault, Fontenelle, Bayle,...
Comme disait alors Perrault
La belle Antiquité fut toujours vénérable;
Mais je ne crus jamais qu’elle fût adorable.
Je voy les Anciens sans plier les genoux,
Ils sont grands, il est vray, mais hommes comme nous ;
Et l’on peut comparer sans craindre d’estre injuste,
Le Siecle de LOUIS au beau Siecle d’Auguste.
lol, oui je connais cette citation, elle est coolissime.
je n'ai pas la prétention d'être originale. Ce post a été tapé while watching un épisode de Friends en buvant du coca light.
Bref, disons juste que dans ma grande ignorance et naiveté,je prouve que le débat est toujours d'actualité... alors que ca fait apparement des siècles qu'on est dessus. Effrayant.
Pas d'accord du tout.
Les uns se nourrissent des autres. Non?
j'ai jamais dit le contraire, si tu lis bien mon post. Ce qui m'enerve,ce sont les gens qui se complaisent dans le classique en disant, comme cabrel dans le guignol "c'était mieux avant".
En même temps...
Quelle coincidence, "c'etait mieux avant", c'est ce que les vieux réac disaient d'une majorité des oeuvres qui ont marqué leur temps.
Les BD que tu trouve géniales (gaston lagaffe et autres)... mes parents avaient des copains dont leur parents leur interdisaient de les lire, parce que c'était considéré comme de la merde... Et maintenant,si je puis me permettre, il me semble que tu reproduis le même schema de pensée, simplement parce que les choses nouvelles ne correspondent pas à tes goûts.
C'est donc vrai, on apprend rien de l'histoire, et notre génération pas plus que les autres.
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